Focus sur l’Oedipe

>>On ne nait pas adulte, on le devient

Toute la psychologie et la psychanalyse se construisent sur l’idée que l’enfant n’est pas l’adulte : c’est-à-dire qu’il ne vit pas les mêmes choses, n’a pas les mêmes investissements ni la même relation à la réalité.

>>Une maturation étape par étape

L’évolution infantile suit un certain nombre d’étapes : le stade génital représente le dernier stade, après le passage des stades oral, anal, phallique.

Or, les fondements de la psychanalyse reposent sur le concept qu’être adulte, c’est accéder au stade génital : « La traversée progressive de ces étapes permet la maturité psychologique et affective de l’enfant. »

En effet, chacune de ces étapes est l’occasion pour l’enfant de se confronter à de nouvelles problématiques à intégrer ; chaque difficulté surmontée ajoute à sa maturité en inscrivant des traces dans sa personnalité psychique (en créant dans son inconscient des modes de fonctionnement, de mécanismes de défense…)

Les difficultés que l’enfant n’arrivera pas à surmonter ou qu’il n’intégrera que de manière partielle seront autant de blocages qui se révéleront être la source de dysfonctionnements susceptibles de réapparaitre à l’âge adulte.

Au stade génital, l’enfant prend conscience du modèle parental et expérimente les sentiments amoureux envers son parent et cette étape annonce ce que Freud a appelé le complexe d’Œdipe.

>>Pourquoi Oedipe ?

Freud, passionné de mythologie, a vu dans l’histoire tragique d’Œdipe, (cet enfant abandonné par ses parents et qui, plus tard, tuera son père et épousera sa mère), le symbole de la triangulation parentale (père, mère, enfant) et du conflit ressenti par l’enfant : son désir pour son parent de sexe opposé associé à son hostilité (teintée en même temps de révération) pour le parent de même sexe.

A partir de là, le désir sexuel s’organise avec la mise en actes de toutes les possibilités de la sexualité (J.P Winter)

>>Un Oedipe réussi

Un Œdipe réussi, dépassé, a apporté la capacité à renoncer aux amours et aux désirs impossibles, c’est-à-dire de faire sa vie en ayant intégré les interdits et en leur donnant leur juste place pour se créér ses propres modèles amoureux » J.P Winter

« Ces tâches s’imposent à tous et à chacun ; et il est à remarquer que leur accomplissement réussit rarement d’une façon idéale. C’est en ce sens que le complexe d’Œdipe peut être considéré comme le noyau des névroses. » (introduction à la psychanalyse, Freud, 1916-1917).

>>Oedipe ou l’impossibilité du désir

L’Œdipe non résolu consiste en effet à mettre continuellement en place l’impossibilité d’organiser son désir, autrement dit à chaque fois qu’il pourrait se réaliser, un obstacle va surgir, ou plutôt, faire en sorte qu’un obstacle surgisse.

Cette impossibilité est l’écho de l’impossibilité primordiale de ressentir du désir vis-à-vis du parent : ce désir interdit, s’il n’est pas détruit, dépassé, sera refoulé dans l’inconscient ; il entrainera un dysfonctionnement dans le psychisme de l’enfant, dysfonctionnement qui manifestera à l’âge adulte son action pathogène.

C’est dans ce cas de figure que l’on assiste à des répétitions de schémas qui débouchent sur de la frustration et de la souffrance et amènent les relations à l’échec (se choisir systématiquement un partenaire qui n’est pas libre par exemple).

L’Oedipe doit être détruit. La thérapie analytique a parfaitement identifié les causes et les conséquences d’un Oedipe mal digéré.

Elle permet en ce cas de répondre aux questionnements, de mettre à jour les refoulements pour amener l’individu à vivre enfin une vie amoureuse et une sexualité épanouies.

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